Katmandou

Nous avons donc passé une bonne semaine à Katmandou, ce qui nous a donné l’occasion de pas mal arpenter la poussiéreuse mais fascinante capitale du Népal ainsi que ses environs.

Clairement, c’était moins reposant que Darjeeling. Comme je le disais précédemment, Katmandou est surpeuplée, avec de gros problèmes d’électricité et d’eau, des rues en piètre état, des immeubles vacillants et deux véritables cloaques en guise de rivières… Cependant depuis l’ouverture du pays dans les années 50 et l’arrivée des hippies (pour le cannabis en vente libre) et des alpinistes (pour l’accès à la face sud de l’Everest, et au reste de l’Himalaya), la ville s’est doté d’infrastructures de tourisme considérables et de plutôt bonne qualité : guesthouses, supermarchés, restaurants etc. (le fameux quartier de Thamel ressemble à s’y tromper à Khao San Road, le quartier backpackers de Bangkok). C’est pas donné, mais on arrive au final assez facilement à s’installer, et à se créer une base arrière confortable (notre hôtel offrait même des séances de yoga matinales) pour se lancer à l’assaut des mille et un trésors que la cité offre par ailleurs.

Et encore, mille et un, c’est l’estimation basse, tant la capitale népalaise regorge de petites merveilles d’architecture, de temples, de stupas, de ruelles, de petites placettes qui sont autant de plaisirs pour les flâneurs peu pressés que nous sommes. Nous avons passé pas mal de temps à nous laisser porter par le courant dans les rues du centre de Katmandou et de Patan, la ville jumelle au sud (autour de leur célèbres Durbar Squares, « places du palais », respectives), et j’avoue en avoir retiré la même impression que lors de ma première visite à Rome : on ne sait plus ou donner de la tête, ni de l’appareil photo. Chaque coin de rue, chaque petite placette (et il y en a un paquet, la vielle ville est une inextricable succession de cours et de ruelles) recèle un immeuble pittoresque, une statue de bouddha du Vème siècle, un temple hindou ou un stupa bouddhiste flanqué de moulins à prières. Il en vient de partout, tout le temps, au ras du sol (statues, autels), sur les côtés (façades aux fenêtres en bois sculptées dignes de véritables palais), en l’air (où s’élancent des immeubles larges de trois ou quatre mètres à peine, simples empilement de pièces étroites sur 5 ou 6 étages). Bref c’est un véritable feu d’artifice, et pour ne rien gâcher la plupart de ces merveilles est à l’abri des grands axes bondés, et l’on parcourt toutes ces petites ruelles dans le calme (et au frais !). A la différence notable (d’une partie) de Rome, ici tout est bien vivant, et il est assez amusant d’observer la vie sociale s’organiser autour (/dans /sur) des temples : parties d’échecs, commerces divers, échanges numismatiques, et bien sur prières, offrandes, rituels etc. Commerce, religion, vie quotidienne sont donc intimement liés, d’ailleurs la cité tire son nom d’un temple (Kaasthamandap), érigé au XVIème siècle (en pierre et avec le bois d’un seul arbre) qui servait lui-même d’auberge pour les commerçants de passage à une époque où la Kathmandu Guest House n’avait pas encore ouvert ses portes…

Je passe rapidement sur les Durbar Squares en elles-mêmes, qui pourtant valent vraiment le détour (places centrales agrémentées de multiples temples), ainsi que sur les autres attractions principales : le stupa géant de Boudhanath (impressionnant), le temple de Pashupatinath et ses crémations au bord de la rivière (nous avons passé notre tour), Kumari, la déesse vivante – une jeune fille choisie sur critères très stricts et qui vit partiellement recluse avant de revenir a la vie normale après ses premières règles (nous nùqvons  pas eu le courage d’attendre devant sa fenêtre qu’elle daigne apparaitre). On regrette aussi de n’avoir pas pu aller jusqu’à Baktapur et Namo Boudha, deux villes proches de Katmandou, mais il pleuvait le jour la sortie était prévue, et ensuite nous avons été pris par le temps… Nous avons tout de même eu l’occasion de parcourir un peu la vallée autour en scooter, pour en retenir que sorti des grands axes, il n’y a tout simplement plus de routes mais des mauvais chemins de pierre et de poussière. Ensuite il nous a fallu consacrer une bonne journée à organiser notre prochaine étape, et à nous équiper en conséquence.

Nous garderons un très bon souvenir de Katmandou. J’avais un peu peur d’arriver dans une ville dégénérée peuplée de vieux hippies déclinants, de dealers et d’enfants des rues, mais il faut croire que les hippies ont fini par rentrer à la maison (de retraite ?) en occident, et pour la drogue certes il y en a pas mal qui circule, mais c’est moins agressif qu’à Kuta à Bali, ou que dans certains quartiers de Bangkok (on m’a proposé pas mal d’herbe, rarement plus). Pour les enfants, nous ne devions pas avoir les bonnes adresses (ou mieux, essaieraient-ils d’aller a l’école plutôt ?). En revanche, les montagnes, elles, n’ont pas bougé, et la ville est définitivement le point de départ (et de retour a la civilisation) des randonneurs et alpinistes de tous poils, qu’ils s’élancent vers les plus hauts sommets de la planète, ou vers de simples randonnées de quelques jours (comme nous !).

 

En bref :

La bande son de la semaine : Crosstown Traffic, de Jimi Hendrix. Parce qu’ils y sont tous passés, mais que lui a laissé son nom à un temple sur Durbar Square. Stylé.

Toutes nos photos de Katmandou : https://picasaweb.google.com/105156703016247096924/Kathmandu02

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