Bali, on the road again

Pour notre dernier mois de voyage, nous avons décide de reprendre la route, et nous sommes lancés dans un superbe « road trip » en scooter autour de Bali, entre le 3 et le 30 juillet. Voici un résumé rapide de nos aventures.

Kintamani, Mont Batur

Nous commençons notre périple par 3 jours de retraite silencieuse sur les flancs mont Batur (région de Kintamani). L’atmosphère est calme et souvent embrumée, les nuits sont fraîches à cause de l’altitude. Malgré cela, les 3 jours ne sont pas de tout repos. Réservé aux « old students » (toutes personnes ayant déjà suivi une retraite de 10 jours), ce programme de 3 jours est un condensé du cours classique sur 10 jours. Autant dire que l’on doit se concentrer d’autant plus dur pour arriver à calmer suffisamment notre esprit pour pouvoir réellement travailler… Au final, ça se passe plutôt bien, et nous repartons ressourcés, sereins, vers notre prochaine destination, Amed, au nord-est de l’île.

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De Kintamani a Amed, via Besakih et Tirtagangga

La route entre Kintamani et Amed est superbe. Ayant le temps et notre propre moyen de transport, nous conduisons tranquillement sur les routes secondaires qui serpentent au pied du mont Agung, le plus haut volcan balinais (3100m), que nous contournons presque entièrement. Rizières, forêts, petit villages typiques, drapeaux aux couleurs des nations de la coupe du monde suspendus partout dans les rues, successions de virages, du vert à perte de vue… Apres 3 jours d’introspection et d’isolement, filer sur notre petit scooter hors des sentiers battus nous emplit d’un immense sentiment de liberté.

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Sur le chemin, nous faisons deux arrêts. Le premier, un peu forcé, à Besakih. Besakih, c’est un peu l’immanquable de Bali. Un ensemble de 23 temples sur les flancs du mont Agung, la montagne sacrée. C’est l’ensemble religieux le plus important, le plus grand, le plus sacré de l’île. Probablement le plus commercial aussi. Au final, si les temples fournissent de belles vues, on se sent comme un portefeuille sur pattes, et pas très bien accueilli en plus. On ne reste pas trop longtemps du coup, juste le temps d’admirer les superbes tenues de cérémonie des balinais (on nous rabâche qu’on a eu la « chance » d’arriver en plein milieu d’une cérémonie – pour être honnête, je pense que ne pas arriver pendant une cérémonie aurait été bien plus improbable… Nous ne pouvons au final par refuser la donation demandée avec insistance).  Fun fact au passage : il se raconte qu’une femme balinaise adulte passe 30% de sa vie éveillée à préparer, participer, ou ranger après une cérémonie. Anyone interested ?

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Le deuxième arrêt est un de mes lieux préférés à Bali : le Water Palace de Tirtagangga, un magnifique ensemble de jardins d’eaux, et un véritable lieu de pèlerinage pour les fans de Crash Bandicoot. Construit en 1946 par (inspiration) Anak Agung Agung Anglurah Ketut Karangasem (ouf), le dernier roi de Karangasem (province de l’est balinais), détruit par l’éruption du mont Agung en 1963, reconstruit avec grand soin depuis, Tirtagangga combine jardins luxuriants parfaitement ordonnés et bassins de toutes formes et styles : fontaines, piscine quasi olympique (en admettant que la présence de poissons soit réglementaire), bassins étroits, fossés, etc., le tout agrémenté de sculptures, de statues hindoues, de ponts enjambant et de haies de palmiers… Un petit coin de paradis, calme, frais, apaisant. Le clou du spectacle, le bassin a l’entrée orné de dizaines de statues de nymphes, entre lesquelles on se promène sur un parcours de pierres octogonales qui affleurent juste a la surface. Crash Bandicoot, je vous disais. Toute mon enfance qui remonte.

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Amed

Une fois passé Tirtagangga et admiré les rizières en terrasse autour du palais, il ne faut plus grand-chose pour arriver à Amed, petite station balnéaire tranquille sur la côte nord-est. Ici le climat est un peu plus sec, quasi méditerranéen, et la côte est une succession de criques de galets noirs (Amed, Jemeluk, Bunutan…) abritant des jukungs par centaines. Embarcation traditionnelle balinaise, sorte de canoë flanqué de deux flotteurs en bambou, les gracieuses jukungs servent à tout, de la pêche au transport des plongeurs, en passant par le séchage du linge et le ravissement des touristes photographes. Grâce à son caractère excentré et à l’absence de plage de sable qui ont limité le tourisme de masse sévissant ailleurs sur l’île, Amed a su préserver une ambiance relaxante, « off the grid », et si l’offre de logements et de restaurants/warung est bien fournie, on cherche toujours le premier magasin de souvenirs Made in China et les loueurs de chaises longues. Ça fait du bien. Ce qu’on ne cherche pas longtemps, en revanche, c’est le récif corallien, grande attraction de la côte nord-est: de Tulamben  à l’est d’Amed, la succession de criques et de pointes est un parc d’attractions pour plongeurs, avec tombants à couper le souffle encadrant pentes de sable et jardins de coraux. A peu près partout, il suffit de nager 5-10 mètres depuis la plage pour trouver le récif. Sans oublier l’USAT Liberty, une des épaves les mieux conservées et les plus accessibles du monde (120 mètres d’acier et de corail à 30 mètres de la plage, entre 6 et 30 mètres de fond). Dans les rencontres sympas, on notera les énormes perroquets à bosse autour de l’épave, des tortue non moins énormes en face d’Amed, un ghost pipefish dans la baie de Jemeluk, des pygmees see-horses un peu partout, une eagle-ray, etc., etc. Le corail mou, et en particulier les gorgones, y sont également magnifiques. Hors de l’eau, nous profitons de la paisible vie à Amed, entre apéritifs romantiques sur la plage (coucher de soleil sur le mont Agung), dîners sympas avec l’équipe du centre de plongée ou Katya a passé son Open Water, lever de soleil qui inonde notre chambre, délicieux petit dej’ sur la terrasse avec vue sur la mer, ballades en scooter le long de la côte…  Venus pour 3-4 jours pour une introduction a l’apnée (voir ci-dessous), nous restons 10 jours… et partons en traînant des pieds, mais que voulez-vous, le voyage, ça n’attend pas (trop) !

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Alone in the blue

C’était l’objectif premier de notre séjour à Amed, une introduction de deux jours a l’apnée, avec l’équipe d’Apneista. La baie de Jemeluk se prête parfaitement à la discipline : protégée des courants et de la houle, la mer y est calme, le trafic maritime limité à quelques jukungs paresseuses, et le fond descend assez vite, ce qui fait qu’à une distance nageable de la plage, on trouve facilement 40-50 mètres de fond, et sans danger particulier. L’eau y est chaude, ce qui est agréable mais pas forcement le mieux pour la discipline, et la visibilité correcte. Cette expérience a été une vraie découverte, à la fois des capacités insoupçonnées de nos corps d’humains (le réflexe d’immersion – mammalian dive reflex – est un phénomène incroyable), de notre propre capacité à dominer notre corps et ses instincts (notre réflexe respiratoire étant déclenché par le taux de CO2 dans les poumons, il intervient très vite, beaucoup plus vite que la nécessité vitale de respirer liée à nos réserves en oxygène), et de nouvelles sensations incroyables. Au final après un peu de théorie et de pratique, je descends à 19 mètres, ce qui n’est vraiment rien, mais qui est déjà tout, car avec 10-15 mètres de visibilité, c’est là que l’on commence à ne plus apercevoir la surface, et à n’être entouré que d’un grand dégradé de bleu, partout autour. Un dégradé de bleu dans lequel on glisse, seul avec comme seul repère la corde, immobile, car après 13-14 mètres notre flottabilité négative nous entraîne sans que l’on ait besoin de palmer, en chute libre… jusqu’à ce que le corps l’emporte et nous commande de tourner, et de remonter. Et on remonte, doucement, en prenant son temps, chaque mètre relâchant un peu de la pression (physique et psychologique), et de l’envie de respirer, et du coup on a envie de s’arrêter, de regarder autour, d’y retourner, mais il est trop tard, il faudra attendre la prochaine immersion. Les derniers 4-5 mètres, on arrête de palmer, notre flottabilité positive nous entraîne cette fois vers la surface, que l’on perce, tranquillement, sourire aux lèvres, et l’on doit presque se forcer à respirer…

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A suivre…

One thought on “Bali, on the road again

  1. Ces superbes descriptions qui nous font partager vos émotions et émerveillements me font prendre conscience qu’il suffit d’ouvrir ses récepteurs à ce qui nous entoure pour être admiratif. . Vive la beauté des choses et des personnes…en particulier comme vous..

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